Band 
Tome I.
Seite
266
JPEG-Download
 

266

LES FACHEUX

Ta sais qu’en pareil cas ce serait avec joieQue je te le rendrais en la même monnoie.

ERASTb, après avoir été quelque temps sans parier.

Je ne veux point ici faire le capitau ;

Mais on m'a vu soldat avant que courtisan :

J’ai servi quatorze ans, et je crois être en passeDe pouvoir d’un tel pas me tirer avec, grâce,

Kl de ne craindre point qu'à quelque lâchetéLe refus de mon bras me puisse être imputé (1).

Un duel met les gens en mauvaise posture ;

Et notre roi n’est pas un monarque en [teinture.

11 sait faire obéir les plus grands de l'État,

Et je trouve qu’il fait eu digne potentat.

Quand il faut le servir, j'ai du cœur pour le faire;Mais je ne m'en sens point quand il faut lui déplaire.Je me fais de son ordre une suprême loi :

Pour lui désobéir, cherche un autre que moi.

Je te parle, vicomte, avec franchise entière,

Et suis ton serviteur en toute autre matière.

Adieu.

SCÈNE XI.

ÉRASTE, LA MONTAGNE.

ER vSTE.

Cinquante fois au diable les fâcheux!Où donc s’est retiré cet objet de mes vœux iLA MONTAGNE.

Je ne sais.

ÉRASTE.

Pour savoir oii la belle est allée,

Va-t’en chercher partout: j'attends dans cette allée.

ACTE SECOND.

SCÈNE PREMIÈRE.

ERASTE.

Les fâcheux à la fin se sont-il* écartés?

(1) Ces vers font allusion à l’usage où étaient les témoins on seconds de sebattre entre eux.