268
LES FACHEUX.
Et croyais bien du moins faire deux points uniques.
Avec les sept carreaux il avait quatre piques,
Et, jetant le dernier, m’a mis dans l'embarrasDe ne savoir lequel garder de mes deux as.
J'ai jeté l'as de cœur, avec raison, me semble;
Mais il avait quitté quatre trèfles ensemble,
Et par un six de cœur je me suis vu capot,
Sans pouvoir, de dépit, proférer un seul mot.
Morbleu ! fais-moi raison de ce coup effroyable :
A moins que l’avoir vu, peut-il être croyable ?
LRASTE,
C'est dans le jeu qu’on voit les plus grands coups du sort
ALCIPPE.
Parbleu! tu jugeras toi-même si j’ai tort,
Et si c’est sans raison que ce coup me transporte ;
Car voici nos deux jeux, qu’exprès sur moi je porte.Tiens, c’est ici mon port, comme je te l’ai dit;
Et x’oici...
ÉRASTE.
J'ai compris le tout par ton récit,
Et vois de Injustice au transport qui t’agite;
Mais pour certaine affaire il faut que je te quitte.
Adieu. Console-toi pourtant de ton malheur.
ALCIPPE.
Qui, moi? J’aurai toujours ce coup-là sur le cœur;
Et c’est, pour ma raison, pis qu'un coup de tonnerre.
Je le veux faire, moi, voir à toute la terre.
(il s'en va, et rentre en disant : )
Un six de cœur! deux points !
ÉRASTE.
En quel lieu sommes-nous?
De quelque part qu’on tourne, on ne voit que des fous.
SCÈNE nr.
ÉRASTE, LA MONTAGNE.
ERASTE.
Ali! que tu fais languir ma juste impatience !
LA MONTAGNE.
Monsieur, je n’ai pu faire une autre diligence.
ÉR VSTE.
Mais, ine rapportes-tu quelque nouvelle, enfin?