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Tome I.
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LES FACHEUX.

Veulent que leurs rivaux en soient le fondement;

Enfin, qui, prenant droit des fureurs de leur zèle,

Ne nous parlent jamais que pour faire querelle.

Osent défendre à tous l’approche de nos cœurs,

Et se font les tyrans de leurs propres vainqueurs.

Moi, je veux des amants que le respect inspire,

Et leur soumission marque mieux notre empire.

CLIMÈNE.

Fi ! ne me parlez point, pour être vrais amants,

De ces gens qui pour nous n’ont nuis emportements;

De ces tièdes galants, de qui les cœurs paisiblesTiennent déjà pour eux les choses infaillibles ,

N'ont point peur de nous perdre, et laissent chaque jourSur trop de confiance endormir leur amour ;

Sont avec leurs rivaux en bonne intelligence,

Et laissent un champ libre à leur persévérance.

Un amour si tranquille excite mon courroux ;

C'est aimer froidement, que n’êlre point jaloux ;

Et je veux qu’un amant, pour me prouver sa flamme,

Sur d’éternels soupçons laisse flotter son âme,

Et par de prompts transports donne un signe éclatantDe l’estime qu’il fait de celle qu’il prétend.

On s'applaudit alors de son inquiétude;

Et, s'il nous fait parfois un traitement trop rude,

Le plaisir de le voir, soumis à nos genoux,

S’excuser de l’éclat qu’il a fait contre nous,

Ses pleurs, sou désespoir d’avoir pu nous déplaire.

Est un charme à calmer toute notre colère.

ORANTE.

Si, pour vous plaire, il faut beaucoup d'emportement,

Je sais qui vous, pourrait donner contentement ;

Et je connais des gens dans Paris plus de quatreQui, comme ils le font voir, aiment jusques à battre.CL1MÈNE.

Si, pour vous plaire, il faut n’êlre jamais jaloux,

Je sais certaines gens fort commodes pour vous ;

Des hommes en amour d’une humeur si soutirante,

Qu’ils vous verraient sans peine entre les bras de trente.

OHANTE.

Enfin, par votre arrêt, vous devez déclarerCelui de qui l'amour vous semble à préférer.

(Orphise paraît dans le fond du théâtre, et voit Éraste entreOrante et Climèue.’l