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Tome I.
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ACTE II, SCÈNE IV.

GLIMÈNË, à Orante.

Vous retenez ici qui vous doit condamner ;

Car enfin, s'il est vrai ce que j'en ose croire,

Monsieur à mes raisons donnera la victoire.

ÉRASTE, à part.

Que ne puis-je à mon traître inspirer le souciD'inventer quelque chose à me tirer d'ici !

OIIANTE, à Climcne.

Pour moi, de son esprit j’ai trop bon témoignage,Pour craindre qu’il prononce à mon désavantage.

(A Éraste.)

Enfin, ce grand débat qui s’allume entre nousEst de savoir s’il faut qu’un amant soit jaloux.

CLI.UÈNE.

Ou, pour mieux expliquer ma pensée et la vôtre,Lequel doit plaire plus d’un jaloux ou d’un autre.

ORANTE.

Pour moi, sans contredit, je suis pour le dernier.C.r.DIÈNE.

Et, dans mon sentiment, je tiens pour le premier.

ORANTE.

Je crois que notre cœur doit donner son suffrageA qui fait éclater du respect davantage.

CLLMÈNE.

Et moi, que si nos vœux doivent paraître au jour,C’est pour celui qui fait éclater plus d’amour.

ORANTE.

Oui ; mais on voit l’ardeur dont une Amé est saisieBien mieux dans le respect que dans la jalousie.

CLDIÈNE.

Et c’est mon sentiment, que qui s’attache à nousNous aime d’autant plus qu’il se montre jaloux.

ORANTE.

EU ne me parlez point, pour être amants,Tlimène,De ces gens dont l’amour est fait comme la haine,

Et qui pour tous respects et toute offre de vœux,

Ne s'appliquent jamais qu’à se rendre fielleux ;

Dont l’ànie, que sans cesse un noir transport anime,Des moindres actions cherche à nous faire un crime,En soumet l'innocence A son aveuglement,

Et veut sur un coup d’œil un éclaircissement;

Qui, de quelque chagrin nous voyant l'apparence,

Se plaignent aussitôt qu'il naît de leur présence,

Et lorsque dans nos yeux brille un peu d'enjouement,