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LES FACHEUX.
DAMIS.
Ciel ! puis-je à mon oreille ajouter quelque foi ?
Est-ce la main d'Éraste...
ÉRASTE.
Oui, oui, Monsieur, c'est moi.Trop heureux que ma main vous ait tiré de peine,
Trop malheureux d’avoir mérité votre haine.
DAMIS.
Quoi ! celui dont j'avais résolu le trépas
Est celui qui pour moi vient d'employer son bras ?
Ah! c’en est trop, mon cœur est contraint de se rendre;Et, quoi que votre amour ce soir ait pu prétendre,
Ce trait si surprenant de générositéDoit étouffer en moi toute animosité.
Je rougis de ma faute, et blâme mon caprice.
Ma haine trop longtemps vous a fait injustice;
Et, pour la condamner par un éclat fameux,
Je vous joins dès ce soir à l’objet de vos vœux.
SCÈNE YI.
ORPHISE, DAMIS, ÉRASTE,
ORPIIISE, sortant de chez elle arec nn flambeau.Monsieur, quelle aventure a d’un trouble effroyable...damis.
Ma nièce, elle n'a rien que de très agréable,
Puisque après tant de vœux que j'ai blâmés en vous,C'est elle qui vous donne Éraste pour époux.
Son bras a repoussé le trépas que j'évite,
Et je veux envers lui que votre main m'acquitte.
ORPiirsE.
Si c’est pour lui payer ce que vous lui devez,
J’y consens, devant tout aux jours qu’il a sauvé s.
ÉRASTE.
Mon cœur est si surpris d’une telle merveille,
Qu'en ce ravissement je doute si je veille.
DAMIS. *
Célébrons l'heureux sort dont vous allez jouir,
Et que nos violons viennent nous réjouir !
(On frappe îi la porte de Damis.)ÉRASTE,
Qui frappe là si fort ?