Band 
Tome I.
Seite
300
JPEG-Download
 

300

L’ECOLE DES FEMMES.

HORACE.

Oui, depuis dix journées.

ARNOLPHE.

Ob! comme les enfants croissent en peu d'années!

J'admire de le voir au point où le voilà,

Après que je l ai vu pas plus grand que cela.

HORACE.

Vous voyez.

ARNOI.PHE.

Mais, de grâce, Oronle votre père,

Mon bon et cher ami, que j'estime et révère,

Que fait-il à présent? Est-il toujours gaillard?

A tout ce qui le touche il sait que je prends part :

Nous ne nous sommes vus depuis quatre ans ensemble,Ni, qui plus est, écrit l'un à l’autre, me semble

HORACE.

11 est, seigneur Arnolphe, encor plus gai que nous,Et j’avais de sa part une lettre pour vous ;

Mais depuis, par une autre, il m'apprend sa venue,Et la raison encor ne m’en est pas connue.Savez-vous qui peut être un de vos citoyens,

Qui retourne en ces lieux avec beaucoup de biensQu'il s’est en quatorze ans acquis dans l'Amérique?

ARNOLPHE.

Non. Vous a-t-on point dit comme on le nomme ?

HORACE. ’

Enrique.

ARNOLPHE.

•Non.

HORACE.

Mon père m’en parle, et qu’il est revenu,Comme s’il devait m'être entièrement connu,

Et m’écrit qu'en chemin ensemble ils se vont mettrePour un fait important que ne dit passa lettre.

(Horace remet la lettre el’Oronte à Arnolphe.).

ARNOLPHE.

J’aurai certainement grande joie à le voir.

Et pour le régaler je ferai mon pouvoir.

('Après avoir lu la lettre. )

11 faut pour des amis des lettres moins civiles,Et tous ces compliments sont choses inutiles.Sans qu'il prit le souci de m’en écrire rien,Vous pouvez librement disposer de mon bien.