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ACTE I, SCÈNE VI.
HORACE.
Je suis homme à saisir les gens par leurs paroles,
El j'ai présentement besoin (lé cent pistoles.
ARNOLPIIE.
Ma foi, c’est m’obliger que d'en user ainsi,
Et je me réjouis de les avoir ici.
Gardez aussi la bourse.
HORACE.
11 faut...
ARNOLPIIE.
baissons ce style.
Eh bien! comment encor trouvez-vous cette ville?
HORACE.
Nombreuse en citoyens, superbe en bâtiments:
Et j’en crois merveilleux les divertissements.
ARNOLPIIE.
Chacun a ses plaisirs, qu’il se fait à sa guise ;
Mais pour ceux que du nom de galants on baptise,
Ils ont en ce pays de quoi se contenter,
Car les femmes y sont faites à coqueter :
On trouve d’humeur douce et la brune et la blonde,Et les maris aussi les plus bénins du monde;
C’est un plaisir de prince;'et des tours que je voiJe me donne souvent la comédie à moi.
Peut-être en avez-vous déjà féru (1) quelqu’une.
Vous est-il point encore arrivé de fortune ?
Les gens faits comme vous font plus que les écris,
Et vous êtes de taille à faire des cocus.
HORACE.
A ne vous rien cacher de la vérité pure,
J'ai d’amour en ces lieux eu certaine aventure;
Et l’amitié m’oblige à vous en faire partARNOLPIIE, à part.
lion! voici de nouveau quelque conte gaillard;
Et ce sera de quoi mettre sur mes tablettes.
HORACE.
Mais, de grâce, qu’au moins ces choses soient secrètes.
ARNOLPIIE.
Oh !
HORACE.
Vous n'ignorez pas qu’en ces occasions
O) Féru, du vieux verbe férir, frapper., du latin frire, Férzi n’est en usageSue dans le style familier et badin. On dit qu’nn homme est féru d’nne femmePour exprimer la passion qu’il a pour elle. (MÉN.)