304
L’ÉCOLE DES FEMMES.
A pousser jusqu'au bout son caquet indiscret,
Et savoir pleinement leur commerce secret.
Tâchons à le rejoindre, il n’est pas loin je pense :Tirons-en de ce fait l’entière confidence.
Je tremble du malheur qui m'en peut arriver,
El Ton cherche souvent plus qu'on ne veut trouver.
ACTE SECOND.
SCÈNE PREMIÈRE.
ARNOLPHE.
11 m'est, lorsque j'y pense, avantageux sans douteD’avoir perdu mes pas, et pu manquer sa roule :
Car enfin de mon cœur le trouble impérieuxN’eût pu se renfermer tout entier à ses yeux-,
Il eût fait éclater l’ennpi qui me dévore,
Et je ne voudrais pas qu'il sût ce qu’il ignore.
Mais je ne suis pas homme à gober le morceau ,
Et laisser un champ libre aux yeux du damoiseau.J’en veux rompre le cours, et sans tarder, apprendreJusqu’où l’intelligence entre eux a pu s'étendre :
J’y prends pour mon honneur un notable intérêt,
Je la regarde en femme aux termes qu elle en e*t ;Elle n’a pu faillir sans me couvrir de honte,
Et tout ce qu’elle a fait enfin est sur rjion compte.Éloignement fatal! voyage malheureux!
(il frappe à sa porte.)
SCÈNE IL
ARNOLPHE, ALAIN, GEORGETTE.
ALAIN.
Ah! Monsieur, cette fois...
ARNOLPHE.
Paix. Venez çà, tous deux.Passez là, passez là. Venez là, venez, dis-je.