Band 
Tome I.
Seite
308
JPEG-Download
 

308

L’ÉCOLE DES FEMMES.

SCÈNE VL

ARNOLPHE, AGNÈS.

ARNOLPHE.

La promenade est belle,

ACNÉS.

Fort belle.

ARNOLPHE.

Le beau jour !

AGNÈSFort beau.

ARNOLPHE.

Quelle nouvelle?

AGNÈS.

Le petit chat est mort,

ARNOLPHE,

C’est dommage ; mais quoi !Nous sommes tous mortels, et chacun est pour soi.Lorsque j'étais aux champs, n'a-t-il point fait de pluie?AGNÈS.

Non.

ARNOLPHE.

Vous ennuyait-il?

AGNÈS.

Jamais je ne m’ennuie.

ARNOLPHE.

Qu'avez-vous fait encor ces neuf ou dix jours-ci?

AGNÈS.

Six chemises, je pense, et six coitïes aussi.

ARNOLPHE , après avoir un peu rêvé.

Le monde, chère Agnès, est une étrange chose !

Voyez la médisance, et comme chacun cause !

Quelques voisins m’ont dit qu’un jeune homme inconnuÉtait en mon absence à la maison venu;

Que vous aviez souffert sa vue et ses harangues;

Mais je. n'ai point pris foi sur ces méchantes langues,

Et j'ai voulu gager que c’était faussement...

AGNÈS.

Mon Dieu ! ne gagez pas, vous perdriez vraiment.

ARNOLPHE.

Quoi! c’est la vérité qu’un homme...

AGNÈS.

Chose sûre.