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Tome I.
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336
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L’ÉCOLE DES FEMMES.

CI1RYSALDE.

Voire hymen résolu ne se fera-t-il pas ?

ARNOLPIIE.

C'est trop s’inquiéter des affaires des autres.

CHRYSALDE,

Oh ! oh! si brusquement! Quels chagrins sont les vôtres?Serait-il point, compare,'à votre passionArrivé quelque peu de tribulation?

Je le jurerais presque, à voir votre visage.

ARXOLPIIE.

Quoi qu'il m'arrive, au moins aurai-je l'avantage

De ne pas ressembler à de certaines gens

Qui souffrent doucement l’approche des galants.

CIIRYSVLDE.

C’est un étrange fait, qu'avec tant de lumièresVous vous effarouchiez, toujours sur ces matières,

Qu'en cela vous mettiez le souverain bonheur,

Et ne conceviez point au monde d'autre honneur.

Être avare, brutal, fourbe, méchant et lâche,

N'est rien, à votre avis, auprès de celte tache;

Et, de quelque façon qu’on puisse avoir vécu ,

On est homme d'honneur quand on n'est point cocu.

A le bien prendre au fond, pourquoi voulez-vous croireQue de ce cas fortuit dépende notre gloire,

Et qu'une âme bien née ait à se reprocherL'injustice-d'un mal qu’on ne peut empêcher?

Pourquoi voulez-vous, dis-je, en prenant une femme,Qu'on soit digne, à son choix, de louange ou de blâme,Et (pion s'aille former un monstre plein d’eft'roiDe l'affront que"nous fait son manquement de foi?Mettez-vous dans l'esprit qu’on peut du cocuageSe faire en galant homme une plus douce image ;

Que des coups du hasard aucun n'étant garant,

Cet accident de soi doit être indifférent;

Et qu enlin tout le mal, quoique le monde glose,

N’est que dans la façon de recevoir la chose :

Et pour se bien conduire en ces difficultés,

Il y faut, comme en tout, fuir les extrémités,

N’imiter pas ces gens un peu trop débonnairesQui tirent vanité de ces sortes d’affaires,

De leurs femmes toujours vous citant les galants,

En font partout l'éloge, et prônent leurs talents,Témoignent avec eux d'étroites sympathies,