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Tome I.
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L'ÉCOLE DES FEMMES.

A U NO LI* Il K , à part.

Ce mot et ce regard désarment ma colère,

El produit un retour de tendresse de cœurQui de sou action m'efface la noirceur.

Chose étrange d'aimer, et que pour ces traîtressesLes hommes soient sujets à de telles faiblesses!

Tout le monde connaît leur imperfection ;

Ce n’est quextravagance et qu'indisci'étion (

Leur esprit est méchant, et leur àme fragile,

Il n’est rien de plus faible et de plus imbécile,

Rien de plus infidèle : et, malgré tout cela,

Dans le monde on fait tout pour ces animaux-là,

( A Agnès. )

Eh bien! faisons la paix. Va, petite traîtresse,

Je te pardonne tout, et te rends ma tendresse;

Considéré par là l’amour que j’ai pour toi,

Et, me voyant si bon, en revanche aime-moi.

AGNÈS.

Du meilleur de mon cœur je voudrais vous complaire ;Que me coûterait-il, si je le pouvais faire?

ARNOLPME.

Mon pauvre petit cœur, tu le peux, si lu veux.

Écoute seulement ce soupir amoureux,

Vois ce regard mourant, contemple ma personne,

Et quitte ce morveux et l'amour qu’il te donne.

C’est quelque sort qu'il faut qu’il ait jeté sur toi,

Et tu seras cent fois plus heureuse avec moi.

Ta forte passion est d'être brave et leste :

Tu le seras toujours, va, je te le proteste;

Sans cesse, nuit et jour, je te caresserai,

Je le bouchonnerai (1), baiserai, mangerai;

Tout comme tu voudras tu pourras te conduire :

Je ne m’explique point, et cela c’est tout dire.

( Bas, A part. )

Jusqu’où la passion peut-elle faire aller!

( Haut. )

Enfin , à mon amour rien ne peut s’égaler :

Quelle preuve veux-tu que je t’en donne, ingrate?

Me veux-tu voir pleurer? Veux-lu que je me batte?Veux-tu que je m'arrache un côté de cheveux?

Veux-tu que je me tue? Oui, dis si tu le veux,

(1) Ce mot bouchonner vient do bouchon, diminutif do bouche, mignardise don*on sc sert quelquefois en caressant un enfant.