Band 
Tome I.
Seite
364
JPEG-Download
 

361 LA CRITIQUE DE L’ÉCOLE DES FEMMES.

mystérieuse et leurs grimaces affectées, irritent la censurede tout le monde contre les actions de leur vie. On est ravide découvrir ce qu'il y peut avoir à redire; et, pour tomberdans l'exemple, il y avait l’autre jour des femmes à cette co-médie, vis-à-vis de la loge où nous étions, qui, par les minesquelles affectèrent durant toute la pièce, leurs détourne-ments de tête et leurs cachements de visage, firent dire detous cotés cent sottises de leur conduite, que l’on n'auraitpas dites sans cela; et quelqu'un même des laquais criatout haut qu elles étaient plus chastes des oreilles que de toutle reste du corps.

CLIMÈNE.

Enfin, il faut être aveugle dans cette pièce, et ne pasfaire semblant d'y voir les choses.

URANIE.

Il ne faut pas y vouloir voir ce qui n’y est pas

CLIMÈNE.

Ah ! je soutiens, encore un coup, que les saletés y crè-vent les yeux.

URANIE.

Et moi, je ne demeure pas d’accord de cela.

CLIMÈNE.

Quoi! la pudeur n’est pas visiblement blessée par ce quedit Agnès dans l'endroit dont nous parlons?

URANIE.

Non, vraiment. Elle ne dit pas un mot qui de soi ne soitfort honnête; et si vous voulez entendre dessous quelqueautre chose, c’est vous qui faites l'ordure, et non pas elle,puisqu'elle parle seulement d'un ruban qu’on lui a pris.

CLIMÈNE.

Ah ! ruban tant qu’il vous plaira ; mais ce le, où elle s'ar-rête, n’est pas mis pour des prunes. Il vient sur ce le d'é-tranges pensées. Ce le scandalise furieusement ; et, quoi quevous puissiez dire, vous ne sauriez défendre l'insolence dece le.

ÉLISE.

11 est vrai, ma cousine, je suis pour Madame contre ce le.Ce le est insolent au dernier point, et vous avez tort de dé-fendre ce le.

CLIMÈNE.

Il a une obscénité qui n’est pas supportable

ÉLISE.

Comment dites-vous ce mot-là, Madame?

CLIMÈNE.

Obscénité, Madame.