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Tome I.
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365
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SCENE III.

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ÉLISE.

Ah! mon Dieu, obscénité. Je ne sais pas ce que ce mot veutdire; mais je le trouve le plus joli du monde (1),

CLIMÈNE.

Enfin, vous voyez comme votre sang prend mon parti.

LIUNIE.

Eh ! mon Dieu, c’est une causeuse qui ne dit pas ce quellepanse. Ne vous y fiez pas beaucoup, si vous m'en voulezcroire.

ÉLISE.

Ah! que vous êtes méchante, de me vouloir rendre sus-pecte à Madame! Voyez un peu où j’en serais, si elle allaitcroire ce que vous dites ! Serais-je si malheureuse, Madame,que vous eussiez de moi cette pensée?

CLIMÈNE.

Non, non, je ne m'arrête pas à ses paroles, et je vous croisplus sincère qu’elle ne dit.

ÉLISE.

Ah! que vous avez bien raison, Madame, et que vous merendrez justice, quand vous croirez que je vous trouve laplus engageante personne du monde, que j’entre dans tousvos sentiments, et suis charmée de toutes les expressions quisortent de votre bouche !

CLIMÈNE.

Hélas! je parle sans affectation.

ÉLISE.

On le voit bien, Madame, et que tout est naturel en vous.Vos paroles, le ton de votre voix, vos regards, vos pas,votre action, et votre ajustement, ont je ne sais quel air dequalité qui enchante les gens. Je vous étudie des yeux et desoreilles; et je suissi remplie de vous, que je tâche d’ètre vo-tre singe, et de vous contrefaire en tout.

CLIMÈNE.

Vous vous moquez de moi, Madame.

ÉLISE

Pardonnez-moi, Madame. Qui voudrait se moquer devous?

CLIMÈNE.

Je ne suis pas un bon modèle, Madame.

U) Le mot obscénité était nouveau, sans doute, cfc de la création des pré-cieuse?. Molière ne prévoyait pas qu’il ferait une si heureuse fortune. (B.) —Ce mot est très énergique, mais il n’est plus du beau langage : une femme“ioüeste aujourd’hui n’oserait le prononcer.