368 LA CRITIQUE DE L’ÉCOLE DES FEMMES.
LE MARQUIS.
Je ne fais que (l’en sortir.
CLIMÈNE.
Eh bien ! Monsieur, comment la trouvez-vous, s'il vousplaît ?
LE MARQUIS.
Tout à fait impertinente.
CLIMÈNE.
.Vh ! que j'en suis ravie !
LE MARQUIS.
C'est la plus méchante chose du monde. Comment, diabielà peine ai-je pu trouver place. J'ai pensé être étouffé à laporte, et jamais on ne m’a tant marché sur les pieds.Voyez comme mes canons et mes rubans en sont ajustés, degrâce.
ÉLISE.
Il est vrai que cela crie vengeance contre l'Ecole des fem-mes, et que vous la condamnez avec justice,
LE MARQUIS.
Il ne s’est jamais fait, je pense, une si méchante co-médie.
URANIE.
Ah! voici Dorante, que nous attendions.
SCÈNE YI.
DORANTE, CLIMÈNE, URANIE, ÉLISE, LE MARQUIS.
DORANTE.
Ne bougez de grâce, et (l'interrompez point votre discours.Vous êtes là sur une matière qui, depuis quatre jours, faitpresque l'entretien de toutes les maisons de Paris; et jamaison n'a rien vu de si plaisant que la diversité des jugementsqui se font là-dessus. Car enfin, j’ai ouï condamner cettecomédie à certaines gens par les mêmes choses que j'ai vud'autres estimer le plus.
URANIE.
Voilà monsieur le marquis qui en dit force mal.
Lli MARQUIS.
11 est vrai. Je la trouve détestable, morbleu! détestable,du dernier détestable, ce (pi on appelle détestable.
DORANTE.
Et moi, mon cher marquis, je trouve le jugement détes-table.