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Tome I.
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SCÈNE VII.

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blâmé, de dire des choses qui soient de bon sens et bienécrites; mais ce n’est pas assez dans les autres, il y faut plai-santer; et c’est une étrange entreprise que celle de faire rireles honnêtes gens.

CLIMÈNE.

Je crois être du nombre des honnêtes gens ; et cependantje n'ai pas trouvé le mot pour rire dans tout ce que j’ai vu.

LE MACQUIS.

Ma foi, ni moi non plus.

DOUANTE.

Pour toi, marquis, je ne m’en étonne pas. C’est que tu n'yas point trouvé de turlupinades.

LYSIDAS.

Ma foi, Monsieur, ce qu’on y rencontre ne vaut guèremieux, et toutes les plaisanteries y sont assez froides, à monavis.

DORANTE.

La cour n’a pas trouvé cela.

LYSIDAS.

Ah! Monsieur, la cour!

DORANTE.

Achevez, monsieur Lysidas. Je vois bien que vous voulezdire que la cour ne se connaît pas à ces choses ; et c’est lerefuge ordinaire de vous autres messieurs les auteurs, dansle mauvais succès de vos ouvrages, que d’accuser l’injusticedu siècle et le peu de lumières des courtisans. Sachez, s’ilvous plaît, monsieur Lysidas, que les courtisans ont d’aussibons yeux que d’autres ; qu’on peut être habile avec un pointde Venise (1) et des plumes, aussi bien qu’avec une perru-que courte et un petit rabat uni; que la grande épreuve detoutes vos comédies, c’est le jugement de la cour ; que c’estson goût qu’il faut étudier pour trouver l’art de réussir; qu'il•i'y a point de lieu où les décisions soient si justes; et, sansmettre on ligne décompté tous les gens savant s-qui y sont,•lue, du simple bon sens naturel et du commerce de tout lebeau monde, on s’y fait une manière d’esprit qui, sans com-paraison, juge plus finement ces choses que tout le savoirenrouillé des pédants.

URANIE.

11 est vrai que, pour peu qu’on y demeure, il vous passe là

(1) Lo roi défendit l’importation de ces dentelles par plusieurs édit3, et Col»ken fit venir des ouvriers de Venise, pour enrichir la France de ce genre d’in-dustrie.