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Tome I.
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SCÈNE III.

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(lu terrain à deux marquis; et ils ne. sont pas gens à tenirleur personne dans un petit espace, (a la Grange. ) Allonsparlez,

LA GRANGE.

« Bonjour, marquis. »

MOLIÈRE.

Mon Dieu ! ce n'est point là le ton d’un marquis ; il faut leprendre un peu plus haut; et la plupart de ces messieurs af-fectent une manière de parler particulière, pour se distinguerdu commun : Bonjour, marquis. Recommencez donc.

LA ORANGE.

« Bonjour, marquis.

MOLIÈRE.

« Ah! marquis, ton serviteur.

LA GRANGE.

« Que fais-tu là?

MOLIÈRE.

« Parbleu ! tu vois ; j’attends que tous ces messieurs aient« débouché la porte , pour présenter là mon visage.

LA GRANGE.

« Tètc-bieu! quelle foule! Je n’ai garde de m’y aller frotter,« et j'aime bien mieux entrer des derniers.

MOLIÈRE.

« Il y là vingt gens qui sont fort assurés de n'entrer« point, et qui ne laissent pas de se presser, et d'occuper« toutes les avenues de la porte.

LA CHANGE.

« Crions nos deux noms à l’huissier, afin qu’il nous ap-« pelle.

MOLIÈRE.

« Cela est bon pour toi ; mais pour moi, je ne veux pas« être joué par Molière.

LA GRANGE.

« Je pense pourtant, marquis, que c’est toi qu’il joue dans« la Critique.

MOLIÈRE.

« Moi ? je suis ton valet ; c’est toi-même en propre per-« sonne.

LV GRANGE. •

« Ah! ma foi, tu es bon de m’appliquer ton personnage,

MOLIÈRE.

« Parbleu ! je te trouve plaisant de me donner ce qui t’ap-« parlienl,

LA ORANGE, riant.

« Ah ! ah ! ah ! cela est drôle.