446
LE MARIAGE FORCÉ.
'ALCIDAS.
Cela n'est rien, vous (lis-je. (Alcidas présente à Sganareiiçdeux épées.) Monsieur, prenez la peine de choisir, de ces deuxejiées, laquelle vous voulez.
SGANARELLE
De ccs deux épées?
ALCIDAS
Oui, s’il vous plaît.
SGANARELLE
A quoi bon?
ALCIDAS.
Monsieur, comme vous refusez d’épouser ma sœur aprèsla parole donnée, je crois que vous ne trouverez pas mauvaisle petit compliment que je viens vous faire.
SGANARELI.E.
Comment?
ALCIDAS.
D'autres gens feraient du bruit, et s'emporteraient contrevous ; mais nous sommes personnes à traiter les choses dansla douceur; et je viens vous dire civilement qu’il faut,si vous le trouvez bon, que nous nous coupions la gorge en-semble.
SGANARELLE.
Voilà un compliment fort mal tourné,
ALCIDAS.
Allons, Monsieur, choisissez, je vous prie.
SGANARELLE.
Je suis votre valet, je n’ai point de gorge à me couper,(a part.) La vilaine façon de parler que voilà !
ALCIDAS.
Monsieur, il faut que cela soit, s’il vous plaît.SGANARELLE.
Eh! Monsieur, rengainez ce compliment, je vous prie.ALCIDAS.
Dépéchons vite, Monsieur. J’ai une petite affaire qui m'at-tend.
SGANARELLE.
Je ne veux point de cela, vous dis-je.
ALCIDVS,
Vous ne voulez pas vous battre?
SGANARELLE.
Ncnni, ma foi.
ALCIDAS.
Tout de bon? ,
SGANARELLE.
Tout de bon.