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Tome I.
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ACTE I, SCÈNE III.

DOUE ELVIP.E.

Air! que vous savez mal vous défendre pour un homme decour, et qui doit être accoutumé à ces sortes de choses !

J ai pitié de vous voir la confusion que vous avez. Que nevous armez-vous le front d'une noble effronterie ? Que ne mejurez-vous que vous êtes toujours dans les mêmes sentimentspour moi, que vous m aimez toujours avec une ardeur sanségale, et que rien n est capable de vous détacher de moique lamort?Que ne me dites-vous que des affaires de la der-nière conséquence vous ont obligé à partir sans m'en donneravis ; qu'il faut que, malgré vous, vous demeuriez ici quelquetemps, et que je n'ai qu’à m’en retourner d'où je viens, as-surée que vous suivrez mea pas le plus tôt qu’il vous sera pos-sible; qu’il est certain que vous brillez de me rejoindre, etqu'éloigné de moi vous souffrez ce que souffre un corps quiest séparé de son âme? Voilà comme il faut vous défendre,et non pas être interdit comme vous êtes.

DON JUAN.

Je vous avoue, Madame, que je n’ai point le talent de dis-simuler , et que je porte un cœur sincère. Je ne vous .diraipoint que je suis toujours dans les mêmes sentiments pour,vous, et que je brûle de vous rejoindre, puisque entirf il estassuré que je ne suis parti que pour vous fuir; non point pourles raisons que vous pouvez vous figurer, mais par un purmotif de.conscience, et pour ne croire pas qu'avec vous da-vantage je puisse vivre sans péché. Il m'est venu des scru-pule-, Madame, et j’ai ouvert les yeux de Pâmer sut- ce queje faisais. J’ai fait réflexion que, pour vous épouser, je vousai dérobée à la clôture d'un couvent, que vous avez rompudes vœux qui vous engageaient autre pari, et que le ciel es!fort jaloux de ces sortes de choses. Le repentir m’a pris, etj’ai craint le courroux céleste. J'ai cru que nol re mariage n'étaitqu'un adultère déguisé, qu'il nous attirerait quelque disgrâced’en haut, et qu'enfin je devais tâcher d.e vous oublier, et'ous donner moyen de retourner à vos premières chaînesVoudriez-vous, Madame, vous opposer à une si sainte pen-sée, et que j'allasse, en vous retenant, me mettre le ciel surles bras; que pour...

DONE ELVIRE.

Ah! scélérat, c'est maintenant que je te connais tout en-tier; et, pour mon malheur, je te connais lorsqu'il n'en estplus temps, et qu'itne telle connaissance ne peut plus meservir qu'à me désespérer. Mais sache que ton crime ne de-