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ACTE II, SCÈNE II.
ils poriortl un.garde-robe (1) aussi large que d’ici à Pâques;cnglieu de pourpoint, de petites brassières qui ne leu venontpas jusqu'au brichet (2); et, en glieude rabat, un grand mou-choir de cou à réziau, aveue quatre grosses lioupes de lingequileu pendont sur l'estomaque. Ils avont itou d'autres pe-tits rabats au bout des bras, et de grands en tonnois de'pas-sement aux jambes, et, parmi tout ça, tant de rubans, tantde rubans, que c’est une vraie piquié. Ignia pas jusqu'auxsouliers qui n'en soyonl farcis tout depis un bout jusqu al'autre; et ils sont faits d’une façon que je me rompraisle couaveuc.
CHARLOTTE.
Par ma fi, Piarrot, il faut que j'aille voir un peu ça.
PIERROT.
Oh! acoute un peu auparavant, Charlotte, J'ai queuqueautre chose à te dire, moi.
CHARLOTTE.
Et bian! dis, qu’est-ce que c’est?
PIERROT,
Vois-tu, Charlotte? il faut, comme dit l’autre, que je dé-bonde mon cœur. Je t’aime, tu lésais bian, et je sommes pourêtre mariés ensemble; mais, marguienne, je ne suis pointsatisfait de toi.
CHARLOTTE.
Queineul? qu'est-ce que c'est donc qu'iglia?
PIERItÇT.
Iglia que lu me chagraines l'esprit franchement.
CHARLOTTE.
Et quement donc?
PIERROT.
Téliguicnne, tu ne m'aimes point.
CHARLOTTE.
Ah! ah! n’est-ce que ça?
PIERROT.
Oui, ce n’est que ça, et c'est bian assez.
CHARLOTTE.
Mon Gnieu, Piarrot, tu me viens toujou dire la mêmechose. ’
PIERROT.
Je te dis toujou la même chose, parce que c’est toujou la
(1) Les villageoises Dortaient alors snr leur jupon une espèce de tablier ap«pelé garde-robe. Ce mot a perdu cette signification.
(2) Le creux qui est su liant de l’estomac. Ce mot dérive de l’allemand brt -chen, rompre, couper. (MÉs.)