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Tome I.
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ACTE II. SCÈNE YI.

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CHARLOTTE, à Mathurine.

Vous allez voir.

MATHURINE, à Charlotte.

Vous allez voir vous-même.

CHARLOTTE, à don Juan.

Dites.

MATHURINE, à (Ion Juan.

Parlez.

DON JUAN.

Que voulez-vous que je dise? vous soutenez égalementtoutes deux que je vous ai promis de vous prendre pour fem-mes. Est-ce que chacune de vous ne sait pas ce qui en est,sans qu’il soit nécessaire que je m’explique davantage? Pour-quoi m’obliger là-dessus à des redites? Celle à qui j'ai promiseffectivement n’a-t-elle pas, en elle-même, de quoi se mo-quer des discours de l’autre, et doit-elle se mettre en peine,pourvu que j'accomplisse ma promesse? Tons les discoursn'avancent point les choses. Il faut faire et non pas dire; etles effets décident mieux que les paroles. Aussi n'est-ce rienque par là que je vous veux mettre d’accord ; et l'on verra,quand je me marierai, laquelle des deux a mon cœur, (nas,à Mathurine.) Laissez-lui croire ce qu’elle voudra. (Bas, à Char-lotte.) Eaissez-la se flatter dans son imagination. (Bas, à Ma-tliurine.) Je VOUS adore. (Bas, à Charlotte.) Je suis tout à A'OUS.(nas, à Mathurine.) Tous les visages sont laids auprès du vôtre,(nas, à charlotte.) Ou ne peut plus souffrir les autres quand onvous a vue. (Haut.) J’ai un petit ordre à donner, je viens vousretrouver dans un quart d’heure.

SCÈNE VI.

CHARLOTTE, MATHURINE, SGANARELLE.

CHARLOTTE, à Mathurine.

Je suis celle qu'il aime, au moins.

MATHURINE, à Charlotte.

C'est moi qu’il épousera.

SGANARELLE, arrêtant Charlotte et Mathurine.

Ah! pauvres filles que vous êtes, j'ai pitié de votre inno-cence, et je ne puis souffrir de vous voir courir à votre mal-heur. Croyez-moi l’une et l’autre : ne vous amusez point àtous les contes qu’on vous fait, et demeurez dans votrevillage.