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Tome I.
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LE FESTIN DE PIEBRE.

vœux sont satisfaits, et je n'ai plus rien désormais à deman-der au ciel. Embrassez-moi, mon (ils, et persistez, je vousconjure, dans cette louable pensée. Pour moi, j’en vais, toutde ce pas, porter l’heureuse nouvelle à votre mère, partageravec elle les doux transports du ravissement où je suis, etrendre grâces au ciel des saintes résolutions tpu’il a daignévous inspirer.

SCÈNE IL

DON JUAN, SGANARELLE.

SGANARELLE.

Ah! Monsieur, que j’ai de joie de vous voir converti ! Ily alongtemps que j'attendais cela; et voilà, grâces au ciel,tous mes souhaits accomplis.

DON JUAN.

La peste le benêt !

SGANARELLE.

Comment, le benêt?

DON JUAN.

Quoi ! tu prends pour de bon argent ce que je viens dedire, et tu crois que ma bouche était d’accord avec moncœur ?

SGANARELLE.

Quoi! ce n’est pas... Vous ne... Votre... (a part.) Oh! quelhomme ! quel homme ! quel homme !

DON JUAN.

Non, non, je ne suis point changé, et mes sentiments sonttoujours les mêmes.

SGANARELLE.

Vous ne vous rendez pas à la surprenante merveille decette statue mouvante et parlante?

DON JUAN.

Il y a bien quelque chose là dedans que je ne comprendspas; mais, quoi que ce puisse être, cela n’est pas capable,ni de convaincre mon esprit, ni d’ébranler mon âme ; et sij’ai dit que je voulais corriger ma conduite, et me jeter dansun train de vie exemplaire, c’est un dessein que j’ai formépar pure politique, un stratagème utile, une grimace néces-saire où je veux me contraindre, pour ménager un père dontj’ai besoin, et me mettre à couvert, du côté des hommes, decent fâcheuses aventures qui pourraient m’arriver. Je veuxbien, Sganarelle, t’en faire confidence; et je suis bien aise