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Tome I.
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L’AMOUR MÉDECIN.

m. Jossc.) et vous, mes compères et mes amis ; je vous priede me conseiller tous ce que je dois faire.

H. JOSSE.

Pour moi, je tiens que la braverie et l’ajustement est lachose qui réjouit le plus les fdles, et si j’étais que de vous, jelui achèterais, dès aujourd'hui, une belle garniture de dia-mants, ou de rubis, ou d’émeraudes.

M. GUILLAUME.

Et moi, si j’étais en votre place, j'achèterais une belle ten-ture de tapisserie de verdure, ou à personnages, que je feraismettre dans sa chambre, pour lui réjouir l'esprit et la vue.

AMINTE.

Pour moi, je ne ferais pas tant de façons; je la marieraisfort bien, et le plus tôt que je pourrais, avec cette personnequi vous la fit, dit-on, demander il y a quelque temps.

LUCRÈCE.

Et moi, je tiens que votrfe fille n’est point du tout proprepour,1e mariage. Elle est d’une complexion trop délicate ettrop peu saine, et c’est la vouloir envoyer bientôt en l’autremonde, que de l’exposer, comme elle est, à faire des enfants.Le monde n’est point du tout son fait, et je vous obnseille dela mettre dans un couvent, où elle trouvera des divertisse-ments qui seront mieux de son humeur.

SGANARELLE.

Tous ces conseils sont admirables, assurément ; mais je lestiens un peu intéressés, et trouve que vous me conseillez fortbien pour vous. Vous êtes orfèvre, monsieur Josse, et votreconseil sent son homme qui a envie de se défaire de sa mar-chandise. Vous vendez des tapisseries, monsieur Guillaume,et vous avez la mine d’avoir quelque tenture qui vous incom-mode. Celui que vous aimez, ma voisine, a, dit-on, quelqueinclination pour ma fille ; et vous ne seriez pas fâchée de lavoir la femme d’un autre. Et quant à vous, ma chère nièce,ce n’est pas mon dessein, comme on sait, de marier ma filleavec qui que ce soit, et j’ai mes raisons pour cela; mais leconseil que vous me donnez de la faire religieuse est d’unefemme qui pourrait bien souhaiter charitablement d’être monhéritière universelle. Ainsi, Messieurs et Mesdames, quoiquetous vos conseils soient les meilleurs du monde, vous trou-verez bon, s’il vous plait, que je n’en suive aucun. (Seul.}Voilà de mes donneurs de conseils à la mode.