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L’AMOUR MÉDECIN.
SCANARELLE.
Taisez-vous. Quatre conseils valent mieux qu’un.
USETTE.
Est-ce que votre fille ne peut pas bien mourir sans le se-cours de ces messieurs-là?
SCANARELLE.
. Est-ce que les médecins font mourir?
LISETTE.
Sans doute ; et j’ai connu un homme qui prouvait, parbonnes raisons, qu’il ne faut jamais dire, Une telle personneest morte d'une fièvre et d'une fluxion sur la poitrine, maisElle est morte de quatre médecins et de deux apothicaires.
SCANARELLE.
Chut ! n’offensez pas ces messieurs-là.
LISETTE.
Ma foi, Monsieur, notre chat est réchappé depuis peu d’unsaut qu'il fit du haut de la maison dans la rue ; et il fut troisjours sans manger, et sans pouvoir remuer ni pied ni patte ;mais il est bien heureux de ce qu’il n’y a point de chats mé-decins, car ses affaires étaient faites, et ils n'auraient pasmanqué de le purger et de le saigner.
SCANARELLE.
Voulez-vous vous taire? vous dis-je. Mais voyez quelle im-pertinence! Les voici.
LISETTE.
Prenez garde, vous allez être bien édifié. Ils vous diront enlatin que votre fille est malade.
SCÈNE II.
MM. TOMÈS, DESFONANDRÈS, MACROTON, BAHIS (1),SGANARELLE, LISETTE.
SCANARELLE.
Eh bien, Messieurs ?
(I) Sous ces noms grecs, Molière osa jouer, dorant le roi, les quatre premiersmédecins do la cour : Desfougerais, Esprit, Guenaut, et Dacquin. Comme Molièrovoulait déguiser leurs noms, il pria if. Despréaor de leur en faire de con-venables. Il en flt en effet qui étaient tirés du grec, et qui marquaient le carac-tère de chacun de ces médecins. Il donna à M. Desfougcrais le nom de Desfonaudrès, qui signifie tueur d'hommes; à M. Esprit, qui bredouillait, celui de