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L’AMOUR MÉDECIN.
([lie d'une imagination déréglée, d’un désir dépravé de vou-loir être mariée. Pour moi, je ne vois rien de plus extrava-gant et de plus ridicule que cette envie qu’on a du mariage.
SGANARELLE, à part.
Voilà un habile homme !
CLITANDRE.
Et j'ai eu et aurai pour lui toute ma vie une aversion ef-froyable.
SGANARELLE, il part.
Voilà un grand médecin !
CLITANDRE.
Mais comme il faut flatter l’imagination des malades, etque j’ai vu en elle de l’aliénation d’esprit, et même qu'il yavait du péril à ne lui pas donner un prompt secours, je l'aiprise par son faible, et lui ai dit que j'étais venu ici pourvous la demander en mariage. Soudain son visage a changé,son teint s’est éclairci, ses yeux se sont animés ; et si vousvoulez, pour quelques jours, l’entretenir dans cette erreur,vous verrez que nous la tirerons d’où elle est.
SGANARELLE.
Oui-dà, je le veux bien.
CLITANDRE.
Après, nous ferons agir d'autres remèdes pour la guérirentièrement de cette fantaisie.
SGANARELLE.
Oui, cela est le mieux du monde. Eh bien ! ma fille, voilàmonsieur qui a envie de t’épouser, et je lui ai dit que je h;voulais'bien.
LUCINDE.
Hélas ! est-il possible ?
SGANARELLE.
Oui.
LUCINDE.
Mais tout de bon?
SGANARELLE.
Oui, oui.
LUCINDE, à dit,nuire.
Quoi ! vous êtes dans les sentiments d’être mon mari?
CLITANDRE.
Oui, Madame.
LUCINDE.
Et mon père y consent ?
SGANARELLE.
Oui, ma fille.