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Tome I.
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LE MISANTHROPE.

Tout ce que là-dessus ma passion m'inspire.

l’UILlNTE.

Pour moi, si je n'avais qu'à former des désirs,

Sa cousine Éliante aurait tous mes soupirs;

Son cœur, qui vous estime, est solide et sincère;

Et ce choix plus conforme était mieux votre affaire.

ALCESTE.

Il est vrai ; ma raison me le dit chaque jour :

Mais la raison n’est pas ce qui règle l'amour.

PIIILINTE.

Je crains fort pour vos feux, cl l’espoir où vous êtesPourrait.

SCÈNE II.

ORONTE, ALCESTE, PIIILINTE.

OHONTE, il Alceste.

J'ai su là-bas que, pour quelques emplettes,Éliante, est sortie, et Célimène aussi;

Mais comme l’on m’a dit que vous étiez Ici,

J'ai monté pour voiis dire, et d'un cœur véritable,

Que j'ai conçu pour vous une estime incroyable,

Et que, depuis longtemps, cette estime nt’a misDans un ardent désir d'être de vos amis.

Oui, mon cœur au mérite aime à rendre justice,

Et je brûle qu’un nœud d’amitié nous unisse.

Je crois qu'un ami chaud, et de ma qualité,

N’est pas assurément pour être rejeté.

(Pendant le discours d’Oronte, Alceste est rêveur, et semble ne pasentendre que c’est à lui qu’on parle. 11 ne sort de sa rêverie puequand Oronte lui dit : )

C’est à vous, s’il vous plaît, que ce discours s’adresse.

ALCESTE.

A moi, Monsieur?

OItOfiTE.

A Vous. Trouvez-vous qu’il vous blesse ?

ALCESTE.

Non pas. Mais la surprise est fort grande pour moi,

Et je n’attendais pas l'honneur que je reçoi.S

OnONTE.

L’estime où je vous tiens ne doit point vous surprendre,Et de tout l'univers vous la pouvez prétendre.