ACTE I, SCÈNE II.. 553
0R0XTE.
Vous eûtes de la complaisance:
Mais vous en deviez moins avoir,
El ne vous pas. mettre en dépensePour.ne me donner que l’espoir.
PIIILINTE,
Ah! qu'en termes galants ces choses-là sont mises!
ALCESTE, bas, iv Pliilinte.
Morbleu! vil complaisant, vous louez des sottises.
ORONTE.
S'il faut qu'une attente éternelle .
Pousse à bout l'ardeur de mon zèle,
Le trépas sera mon recours.
Vos soins ne m'en peuvent distraire :
Belle Philis, on désespèreAlors qu'on espère toujours.
PIIILINTE.
La chute en est jolie, amoureuse, admirable.
ALCESTE , bas à part.
La peste de la chute, empoisonneur, au diable!
En eusses-tu fait' une à. te casser le nez!
PIIILINTE.
Je n ai jamais ouï de vers si bien tournés.
ALCESTE, bas, h part.
Morbleu !
0I10NTE, il Philinte.
Vous me flattez; et vons croyez peut-être...
PIIILINTE.
Non, je ne flatte point.
ALCESTE, bas, à part.
Eh! que fais-tu donc, traître?
ORONTE, à Alceste.
Mais,'pour vous, vous savez quel est notre traité.Parlez-moi, je vous prie, avec sincérité.
ALCESTE.
Monsieur., cette matière est toujours délicate.
Et sur le bel esprit nous aimons qu’on nous flatte.
Mais un jour, à quelqu’un dont je tairai le nom,
Je disais, en voyant des vers de sa façon,
Qu'il faut qu'un galant homme ait toujours grand empireSur les démangeaisons qui nous prennent d’écrire;
Qu'il doit tenir la bride aux grands empressements.
Qu'on a de faire éclat de tels amusements;
Et que, par la chaleur de montrer ses ouvrages,