LE MISANTHROPE.
5 5 2
Vous montrer un sonnet que j'ai fait depuis peuEt savoir s’il est bon qu'au public je l'expose.
ALCESTE.
Monsieur, je suis mal propre à décider la choseVeuillez m’en dispenser.
ORONTE.
Pourquoi ?
ALCESTE.
J’ai le défaut
D'ètre un peu plus sincère en cela qu'il ne faut.
ORONTE.
C'est ce que je demande; et j'aurais lieu de plainte,
Si , m’exposant à vous pour me parler sans feinte.Vous alliez me trahir, et me déguiser rien.
ALCESTE.
Puisqu'il vous plait ainsi, Monsieur, je le veux bien.
ORONTE.
Somlet. C'est un sonnet... I.’espoir... C'est une dameQui de quelque espérance avait flatté ma flamme.L'espoir... Ce ne sont point de ces grands vers pompeuxMais de petits vers doux, tendres, et langoureux.ALCESTE.
Nous verrons bien.
ORONTE.
L’espoir... Je ne sais si le stylePourra vous en paraître assez net et facile,
Et si du.choix des mots vous vous contenterez.
ALCESTE.
Nous allons voir, Monsieur.
ORONTE.
Au reste, vous saurezQue je n’ai demeuré qu’un quart d’heure à le faire.
ALCESTE.
Voyons, Monsieur; le temps ne fait rien à l'affaire.
ORONTE lit.
L'espoir, il est vrai, nous soulage,
Et nous berce un temps notre ennui ;Mais, Philfs, le triste avantage,
Lorsque rien ne marche après lui !
PMII.INTE.
Je suis déjà charmé de ce petit morceau.
ALCESTE, bas, à Phiiinte.
Quoil vous avez je front de trouver cela beau?