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ACTE V, SCÈNE II.
Mais est-ce une raison que leur peu d'équité,
Pour vouloir se tirer de leur société?
Tous ces défauts humains nous donnent, dans la vie,Des moyens d’exercer notre philosophie :
C’est le plus bel emploi que trouve la vertu ;
Et si de probité tout était revêtu,
Si tous les cœurs étaient francs, justes et dociles,
La plupart des vertus nous seraienL inutiles,
Puisqu'on en met l'usage à pouvoir, sans ennui,Supporter dans nos droits l'injustice d’autrui;
Et, de même qu'un cœur d une vertu profonde...
ALCESTE.
Je sais que vous parlez, Monsieur, le mieux du inonde;En beaux raisonnements vous abondez toujours ;
Mais vous perdez le temps et tous vos beaux discoursLa raison, pour mon bien, veut que je me retire :
Je n ai point sur ma langue un assez grand empire :
De ce que je dirais je 11e répondrais pas ;
Et je me jetterais cent choses sur les bras.
Laissez-inoi, sans dispute, attendre Célimène.
Il faut qu’elle consente au dessein qui m’amène;
Je vais voir si son cœur a de l'amour pour moi,
Et c’est ce moment-ci qui doit m’en faire foi.
l’HILIXTE.
Montons chez Éliante, attendant sa venue,
ALCESTE.
Non, de trop de souci je 111e sens l’âme émue.Allez-vous-en la voir, et me laissez enfinDans ce petit coin sombre avec mon noir chagrin.
PIIILINTE.
C'est une compagnie étrange pour attendre ;
El je vais obliger Éliante à descendre.
SCÈNE II.
CÉLIMÈNE, ORONTE, ALCESTE.
ORONTE.
Oui, c'est à vous de voir si, par des nœuds si doux.Madame, vous voulez m'attacher tout à vous.
11 me faut de votre âme une pleine assurance :
L T n amant là-dessus n’aime point qu'on balance.
Si l'ardeur de mes feux a pu vous émouvoir,
Vous 11e devez point feindre à me le faire voir ;