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Tome I.
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ACTE I, SCÈNE I.

SCANARELLE.

Oui, habile homme. Trouve-mo-i un faiseur de fagots quisache comme moi raisonner des choses, qui ait servi six ansun fameux médecin, et qui ait su dans son jeune âge son ru-diment par cœur.

MARTINE.

Peste du fou iieffé !

SGANARELLE.

Peste de la carogne!

MARTINE.

Que maudits soient l’heure et le jour où je m’avisai d'allerdire oui !

SGANARELLE.

Que maudit soit le bec cornu (l)de notaire qui me fit signerma ruine !

MARTINE.

C’est bien à toi, vraiment, à te plaindre de cette affaire.Devrais-tu être un seul moment sans rendre grâces au ciel dem’avoir pour ta femme ? et méritais-tu d’épouser une femmecomme moi ?

SGANARELLE.

Il est vrai que tu me fis trop d'honneur, et que j’eus lieude me louer la première nuit de mes noces ! Eh ! morbleu, 11 eme fais point parler là-dessus : je dirais de certaines cho-ses...

MARTINE.

Quoi? que dirais-tu?

SGANARELLE.

Baste ! laissons là ce chapitre. 11 suffit que nous savons ceque nous savons, et que tu fus bien heureuse de me trouver.

MARTINE.

Qu’appelles-tu bien heureuse de te trouver ? Un hommequi me réduit à l’hôpital, un débauché, un traître , qui memange tout ce que j’ai!...

SGANARELLE.

Tu as menti : j'en bois une partie.

MARTINE.

Qui me vend, pièce à pièce, tout ce qui est dans lelogis!...

SGANARELLE.

C’est vivre de ménage.

(1) Bec cornu est une imitation du mot italien becco , qui signifie bouc. (,B.)— Les Tiens conteurs emploient quelquefois ce6 deux mots réunis dans le sensde cornard.

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