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Tome I.
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LE MÉDECIN MALGRÉ LDI.

MARTINE.

Qui m'a ôté jusqu’au lit que j'avais!...

SGANARELLE.

Tu t’en lèveras plus matin.

MARTINE.

Enfin qui ne laisse aucun meuble dans toute la maison!...

SGANARELLE.

On en déménage plus aisément.

MARTINE.

Et qui, du malin jusqu’au soir, ne fait que jouer et queboire !

SGANARELLE.

C’est pour ne me point ennuyer.

MARTINE.

Et que veux-tu, pendant ce temps, que je fasse avec mafamille ?

SGANARELLE.

Tout ce qu’il te plaira.

MARTINE.

J'ai quatre pauvres petits enfants sur les bras...SGANARELLE.

Mets-les à terre.

MARTINE.

Qui me demandent à toute heure du pain.

SGANARELLE.

Donne-leur le fouet : quand j’ai bien bu et bien mangé, jeveux que tout le monde soit soûl dans ma maison.MARTINE.

Et tu prétends, ivrogne, que les choses aillent toujours demême ?

SGANARELLE.

Ma femme, allons tout doucement, s'il vous plaît.

MARTINE.

Que j'endure éternellement tes insolences et tes débau-ches ?

SGANARELLE.

Ne nous emportons point, ma femme.

MARTINE.

Et que je ne sache pas trouver le moyen de te ranger à tondevoir ?

SGANARELLE.

Ma femme, vous savez que je n’ai pas l'ûme endurante, etque j'ai le bras assez bon.

MARTINE.

Je me moque de tes menaces.