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LE MÉDECIN MALGRE LUI.
LUCAS.
Eh ! morguenne! laissez-nous faire : s’il ne tient qu'à bat-tre, la vache est à nous.
VALÈRE, à Lucas.
Nous sommes bien heureux d’avoir fait cette rencontre; et.j'en conçois pour moi, la meilleure espérance du monde.
SCÈNE YI.
SGANARELLE, VALÈRE, LUCAS.
SGANARELLE , chantant derrière le théâtre.
La, la, la...
VALÈRE.
J’entends quelqu’un qui chante, et qui coupe du bois.
SGANARELLE, entrant sur le théâtre avec une bouteille à la main,sans apercevoir Yalère ni Lucas.
La, la, la... Ma foi,c’est assez travaillé pour boire un coup.Prenons un peu d’haleine. (Après avoir bu.) Voilà du bois quiest salé comme tous les diables.
(U chante.)
Qu’ils sont doux,
Bouteille jolie,
Qu’ils sont doux,
Vos petits glougloux !
Mais mon sort ferait bien des jaloux,
Si vous étiez toujours remplie.
Àh ! bouteille ma mie,
Pourquoi vous videz-vous ?
Allons, morbleu! il ne faut point engendrer la mélancolie.
VALÈRE, bas, à Lucas.
Le voilà lui-même.
LUCAS, bas, à Yalère.
Je pense que vous dites vrai, et que j’avons bouté le nezdessus.
VALÈRE.
Voyons de près.
SGANARELLE, embrassant sa bouteille.
Ah! petite friponne! que je t’aime, mon petit bouchon 1
(il chante.) (Apercevant Yalère et Lucas tjui l’examinent, il baissela voix.)
Mais mon sort... ferait... bien des... jaloux,
Si...
(Voyant qu’on l’examine de plus près.)
Que diable! à qui en veulent ces gens-là?