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Tome I.
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ACTE II, SCÈNE IX.

vous prier de vouloir servir mon amour, et de me donnerlieu d'exécuter un stratagème que j’ai trouvé pour lui pou-voir dire deux mots d'où dépendent absolument mon bon-heur et ma vie.

SGANARELLE.

Pour qui me prenez-vous ? Comment ! oser vous adresser àmoi pour vous servir dans votre amour, et vouloir ravalerla dignité de médecin à des emplois de celte nature !

LÉANDRE.

Monsieur, ne faites point de bruit.

SGANARELLE, en. le faisant reculer.

J eu veux faire, moi. Vous êtes un impertinent!

LÉANDRE.

Eh! Monsieur, doucement.

SGANARELLE

Un malavisé!

LÉANDRE.

De grâce !

SGANARELLE.

Je vous apprendrai que je ne suis point homme à cela, etque c'est une insolence extrême...

LÉANDRE, tirant une bourse.

Monsieur...

SGANARELLE.

Do vouloir m’employer... (Recevant la bourse.) Je ne parlepas pour vous, car vous êtes honnête homme ; et je serais ravide vous rendre service : mais il y a de certains impertinentsau monde qui viennent prendre lesgens pour ce qu'ils ne sontpas ; et je vous avoue que cela me met en colère.

LÉANDRE.

Je vous demande pardon, Monsieur, de la liberté que...

SGANARELLE.

Vous vous moquez. De quoi est-il question ?

LÉANDRE.

Vous saurez donc, Monsieur, que cette maladie que vousvoulez guérir est une feinte maladie. Les médecins ont rai-sonné là-dessus comme il faut : et ils n’ont pas manqué dedire que cela procédait, qui du cerveau, qui des entrailles,qui de la rate, qui du foie : mais il est certain que l’amour euest la véritable cause, et que Lucinde n’a trouvé cette maladieque pour se délivrer d’un mariage dont elle était importunée.Mais, de crainte qu’on ne nous voie ensemble, retirons-nous d’ici ; et je vous dirai en marchant ce que je souhaite devous.