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LE MÉDECIN MALGBÉ LUI.
JACQUELINE.
Je sis voire sarvante ; j'aime bian mieux qu’an ne me ga-risse pas.
SGANARELLE.
Que je vous plains, belle nourrice, d’avoir un mari jalouxet fâcheux comme celui que vous avez!
JACQUELINE.
Que veloz-vous, Monsieu ? C’est pour la pénitence de mesfautes; et là où la clièvre est liée, il faut bian qu'allé ybroute.
SGANARELLE.
Comment! un rustre comme cela! un homme qui vousobserve toujours, et ne veut pas que personne vous parle.
JACQUELINE.
Hélas ! vous n’avez rian vu encore ; et ce n’est qu'un petitéchantillon de sa mauvaise himeur.
SGANARELLE.
Est-il possible! et qu’un homme ait l’àme assez basse pourmaltraiter une personne comme vous ! Ah! que j'en sais, bellenourrice, et qui ne sont pas loin d’ici, qui se tiendraientheureux de baiser seulement les petits bouts de vos petons!Pourquoi faut-il qu'une personne si bien faite soit tombéeende telles mains! et qu’un franc animal, un brutal, un stu-pide, un sot... Pardonnez-moi, nourrice, si je parle ainsi devotre mari...
JACQUELINE.
Eh ! Monsieu, je sais bian qu'il mérite tous ces noms-là.
SGANARELLE.
Oui, sans doute, nourrice, il les mérite; et il mériterait,encore que vous lui missiez quelque chose sur la lôte, pourle punir des soupçons qu’il a.
JACQUELINE.
11 est bian vrai que si je n'avais devant les yeux que sonintérêt, il pourrait m’obliger à queuque étrange chose.
SGANARELLE.
Ma foi, v ous ne feriez pas mal de vous venger de lui avecquelqu’un. C’est un homme, je vous le dis, qui mérite biencela; et si j’étais assez heureux, belle nourrice, pour êtrechoisi pour...
(Dans le temps que Sganarelle tend les bras pour embrasser Jac-queline, Lucas passe sa tête par-ilessous, et se met entre eux
deux, Sganarelie et Jacqueline regardent Lucas, et sortent chaeuu
de leur côté.)