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Tome II.
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ACTE I, SCÈNE III.

Et (le quelque laurier qu'ou couronne un vainqueur,Quelque pari que l'on ail à cet honneur suprême,Vaut-il ce qu'il en coûte aux. tendresses d’un cœurQui peut, à tout moment, trembler pour ce qu’il aime

JUPITER.

le ne vois rien en vous dont mon feu ne s'augmente;Tout y marque à mes yeux un cœur bien enflammé;

Et c'est, je vous l’avoue, une chose charmanteDe trouver tant d’amour dans un objet aimé.

Mais, si je l’ose dire, un scrupule me gène,

Aux tendres sentiments que vous me faites voir ;

Et, pour les bien goûter, mon amdur, chère Alcmène,Voudrait n’y voir entrer rien de votre devoir;

Qu'à votre seule ardeur, qu'à ma seule personne,

Je dusse les faveurs que je reçois de vous ;

Et que la qualité que j'ai de votre épouxNe fût point ce qui me les dorme.

ALCMÈNE.

C’est de ce nom pourtant que l'ardeur qui me brûleTient le droit de paraître au jour ;

Et je ne comprends rien à ce nouveau scrupuleDont s'embarrasse votre amour.

JUPITER.

Ab! ce que j’ai pour vous d'ardeur et de tendressePasse aussi celle d’un époux ;

Et vous ne savez pas, dans des moments si doux,Quelle en est la délicatesse ;

Vous ne concevez point qu’un cœur bien amoureuxSur cent petits égards s'attache avec élude,

Et se fait une inquiétudeDe la manière d’être heureux.

En moi, belle et charmante Alcmène,

Vous voyez un mari, vous voyez un amant;

Mais l'amant seul me touche, à parler franchement,

Et je sens, près de vous, que le mari le gêne.

Cet amant, de vos vœux jaloux au dernier point,Souhaite qu’à lui seul votre amour s’abandonne;

Et sa passion ne veut pointDe ce que le mari lui donne.

Il veut de pure source obtenir vos ardeurs.

Et ne veut rien tenir des nœuds de l'byménée,

Rien d’un fâcheux devoir qui fait agir les cœurs,

Et par qui tous les jours des plus chères faveursEa douceur est empoisonnée.

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