102
AMPHITRYON.
Dans le scrupule enfin don! il est combattu,
11 Veut, pour satisfaire à sa délicatesse,
Que vous le sépariez d'avec ce nui le blesse,
Que le mari ne soit que pour votre vertu,lit que de voire cœur, de boulé revêtu,
L'amant ait tout l'amour et toute la tendresse.
ALCMÈNE.
Amphitryon, en vérité,
Vous vous moquez de tenir ce langage;
El j'aurais peur qu'on ne vous crût pas sage.
Si de quelqu’un vous étiez écouté.
jii'Iïku.
Ce discours est plus raisonnable,
Alcmène, que vous ne pensez.
Mais un plus long séjour me rendrait trop coupable,
Et du retour an port les moments sont pressés.
Adieu. T)e mon devoir l'étrange barbariePour un temps m'arrache de vous ;
Mais, belle Alcmène, au moins, quand vous verrez l’épouxSongez à l’amant, je vous prie.
ALCMÈNE.
Je ne sépare point ce qu’unissent les dieux;
Et l’époux et l’amant me sont fort précieux.
SCÈNE IV.
CLÉANTIIIS, MERCURE.
CLÉANTIIIS, A part.
O ciel 1 que d’aimables caressesD'un époux ardemment chéri!
Et que mon traître de mariEst loin de toutes ces tendresses!
JlEltCUKlî, il part.
La Nuit, qu’il me faut avertir,
N’a plus qu’tk plier tous ses voiles,
Et, pour effacer les étoiles,
Le Soleil de son lit peut maintenent sortir,
CLÉANTIIIS, arrêtant Mercure.
Quoi! c’est ainsi que l'on me quitte!
MEKCl'HE.
Et comment donc? Né veux-tu pasQue de mon devoir je m’acquitte,
Et que d’Amphitryon j’aille suivre les pas?