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Tome II.
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1.46

AMPHITRYON.

Et sous loi propres traits vois Jupiter paraître.

A ces marques tu poux aisément le connaître:

Ët c’est assez, je crois, pour remettre ton cœurDans l’état auquel il doit être,

Et rétablir riiez toi la paix et la douceur.

Mon nom, qu'incessammcnt toute la terre adore,Étouffe ici les bruits qui pouvaient éclater.

Un partage avec Jupiter

N'a rien du tout qui déshonore;

Et sans doute il ne peut être que glorieuxDe se voir le rival du souverain des dieux.

Je n'y vois pour ta llammc aucun lieu de murmure,

Et c’est moi, dans cette aventure,

Qui, tout dieu que je suis, dois être le jaloux.

Alcmène est toute à loi, quelque soin qu'on emploie.-Et ce doit à tes feux être un objet bien douxDe voir que, pour lui plaire, il n’est point d'autre voieQue de paraitre son époux;

Que Jupiter, orné de sa gloire immortelle,

Par lui-même n'a pu ti r dosa foi;

Et que ce qu’il a reçu d'elleN’a, par son cœur ardent, été donné qu’à loi.

SOSIE.

Le seigneur Jupiter sait dorer la pilule.

JUriTEU.

Sors donc des noirs chagrins que ton coeur a soufferts,Et rends le calme entier à l’ardeur qui le brille;

Chez toi doit naître un fils qui, sous le nom d’Ilercule,Remplira de ses faits tout le vaste univers.

L'éclat d’une fortune en mille biens féconde,

Fera connaître a tous que je suis ton support ;

Et je mettrai tout le mondeAu point d’envier ton sort.

Tu peux hardiment le flatterDe ces espérances données.

C'est un crime que d’en douter :

Les paroles de JupiterSont des arrêts des destinées.

(lt se périt dans les nues.)NAUCHATÈS.

Certes, je suis ravi de ces marques brillantes...

SOSIE.

Messieurs, voulez-vous bien suivre mon sentiment?

Ne vous embarquez nullement