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Tome II.
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ACTE X, SCÈNE II.

besoin dos hommes, il faut bien s'ajuster à eux, et puisqu'onno saurait les gagner que par là, ce n’est pas la faute de ceuxqui flattent, mais de ceux qui veulent être flattés.

ÉLISE.

Mais que ne (àclicz-vous aussi à gagner l'appui de monfrère, on cas que la servante s'avisât de révéler notre secret ?

VALÈItE.

On ne peut pas ménager l'un et l'autre; et l'esprit du pèreet celui du fils sont des choses si opposées, qu'il est difficiled'accommoder ces deux confidences ensemble. Mais vous, devotre part, agissez auprès de votre frère, et servez-vous deliarnitié qui est entre vous deux pour le jeter dans nos inté-rêts. 11 vient. Je me retire. Prenez ce temps pour lui parler,et ne lui découvrez de noire affaire que ce que vous jugerezà propos.

ÉLISE.

Je ne sais si j'aurai la force de lui faire cette confidence.

SCÈNE II.

CLÉANTE, ÉLISE.

CLÉANTE.

Je suis bien aise de vous trouver seule, ma sœur; et jebrûlais de vous parler, pour m’ouvrir à vous d'un secret.

ÉLISE.

Me voilà prêle à vous ouïr, mon frère. Qu’avez-vous à medire ?

CLÉAJVTE.

bien des choses, ma soeur, enveloppées dans un mot.J’aime.

ÉLISE.

Vous aimez?

CLÉANTE.

Oui, j'aime. Mais, avant que d aller plus loin, je sais queje dépends d’un père, et que le nom de fils me soumet à sesvolontés ; que nous ne devons point engager notre foi sans leconsentement de ceux dont nous tenons le jour ; que le cieltesafaitslcsmattres de nos vœux, et qu’il nous est enjointde n’en disposer que par leur conduite; que n'étant préve-nus d’aucune folle ardeur, ils sont en étal, de se tromper bien•noins que nous et de voir beaucoup mieux ce qui nous estpropre; qu’il en faut plulél croire les lumières de leur pru-dence (jue l'aveuglement de notre passion ; et que l’empor-