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ACTE II, SCÈNE I.
« Plus, un fourneau de brique, avec deux cornues et trois« récipients, fort utiles à ceux qui sont curieux de distiller. «
CLÉANTE.
J'enrage !
LA FLÈCHE.
Doucement.
« Plus, un luth de Bologne, garni de toutes ses cordes, ou« peu s’en faut.
« Plus, un trou-madame et un damier, avec un jeu de l’oie,o renouvelé des Grecs, fort propres à passer le temps lorsque« l’on n’a que faire.
« Plus, une peau d’un lézard de trois pieds cl demi, rem-« plie de foin : curiosité agréable pour pendre au plancher« d’une chambre.
« Le tout ci-dessus mentionné valant loyalement plus de« quatre mille cinq cents livres, et rabaissé à la valeur de« mille écus, par la discrétion du prêteur. »
CLÉANTE.
Que la peste 1 étouffé avec sa discrétion, le traître, lebourreau qu’il est! A-t-on jamais parlé d’une usure semblable,et n’est-il pas content du furieux intérêt qu’il exige, sansvouloir encore m'obliger à prendre pour trois mille livres lesvieux rogatons qu’il ramasse ? Je n’aurai par deux cents écusde tout cela; et cependant il faut bien me résoudre à con-sentir à ce qu’il veut : car il est en état dé me faire tout ac-cepter, et il me lient, le scélérat, le poignard sur la gorge.
LA FLÈCHE.
Je vous vois, Monsieur, ne vous en déplaise, dans le grandchemin justement que tenait Panurge pour se ruiner, pre-nant argent d’avance, achetant cher, vendant à bon marchéet mangeant son blé en herbe.
CLÉANTE.
Que veux-tu que j’y fasse? Voilà où les jeunes gens sontréduits par la maudite avarice des pères ; et on s'étonne, aprèscela, que les fils souhaitent qu’ils meurent 1
LA FLÈCHE.
Il faut convenir que le votre animerait contre sa vilenie leplus posé homme du monde. Je n’ai pas, Dieu merci, lesinclinations fort patibulaires; et, parmi mes confrères que.je vois se mêler de beaucoup de petits commerces, je saistirer adroitement mon épingle du jeu, et me démêler pru-demment do toutes les galanteries qui sentent tant soit peul’échelle; mais, à vous dire vrai, il me donnerait, par ses
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