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Tome II.
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L’AVARE.

FllOSINE.

Comment ! vous n’avez (le votre vie été si jeune que vousêtes ; et je vois de» gens de vingt-cinq ans qui sont plus vieuxque vous.

HARPAGON.

Cependant, Frosine, j'en ai soixante bien comptés.

FROSINE.

Eli bien, qu’cst-ce (pic cela, ' oixante ans? Voilà bien dequoi ! C’est la fleur de l’àge, cela, et vous entrez maintenantdans la belle saison de l’homme.

HARPAGON.

Il est vrai ; mais vingt années de moins, pourtant, ne meforaient point de mal, que je crois.

FllOSINE.

Vous moquez-vous? Vous n’avez pas besoin de cela, etvous êtes d une pâte à vivre jusques à cent ans.

HARPAGON.

Tu le crois?

FllOSINE.

Assurément. Vous en avez toutes les marques. Tenez-vousun peu. Oh ! que voilà bien là, entre vos deux yeux, un signeîle longue vie !

HARPAGON.

Tu le connais à cela ?

FROSINE.

Sans doute. Montrez-moi votre main. Mon Dieu, quelleligne de vie?

HARPAGON.

Comment?

FROSINE.

Ne voyez-vous pas jusqu’où va cette ligne-là?

HARPAGON.

Eh bien! qu’est-ce que cela veut dire?

FROSINE.

Par ma foi, je disais cent ans ; mais vous passerez les si.x-vingts.

HARPAGON.

Est-il possible?

FROSINE.

11 faudra vous assommer, vous dis-je; et vous mettrez enterre et vos enfants, et les enfants de vos enfants.

HARPAGON.

Tant mieux! Comment va notre affaire?

FROSINE.

Faut-il le demander? et me voit-on mêler de rien dont je