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Tome II.
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L’AVARE.

au contrai que vous venez faire ! On m'assassine dans le bien,on m'assassine dans l'honneur; et voilà un traître, un scélé-rat, qui a violé tous les droits les plus saints, qui s’est couléchez moi sous le titre de domestique, pour me dérober monargent et pour me suborner ma tille.

vaLère.

Qui songe à votre argent, dont vous me faites un galima-tias?

HARPAGON.

Oui, ils se sont donné l’un à l'autre une promesse de ma-riage. Cet aifront vous regarde, seigneur Anselme ; et c’estvous qui devez vous rendre partie contre lui, et faire toutesles poursuites de la justice à vos dépens, pour vous vengerde son insolence.

ANSELME.

Ce n’est pas mon dessein de me faire épouser par force, etde rien prétendre à un cœur qui se serait donné ; mais pourvos intérêts, je suis prêt à les embrasser ainsi que le^mien;propres.

HARPAGON.

Voilà monsieur qui est un honnête commissaire, qui n’ou-bliera rien, à ce qu’il m’a dit, de la fonction de son office.(Au commissaire, montrant Valère.) Chargez-le Comme il faut,Monsieur, et rendez les choses bien criminelles.

VALÈRE.

Je ne vois pas quel crime on me peut faire de la passionque j’ai pour votre fille, et le supplice où vous croyez quej ; puisse être condamné pour notre engagement, lorsqu’onsaura ce que je suis...

HARPAGON.

Je me moque de tous ces contes; et le monde aujourd’huin’est plein que de ces larrons de noblesse, que de ces impos-teurs qui tirent avantage do leur obscurité et s’habillentinsolemment du premier nom illustre qu’ils s'avisent deprendre.

VALÈRE.

Sachez que j'ai le cœur trop bon pour me parer de quelquechose qui ne soit point à moi, et (pie tout Naples peut rendretémoignage de ma naissance.

ANSELME.

Tout beau ! prenez garde à ce que vous allez dire. Vousrisquez ici plus que vous ne pensez, et vous parlez devantun homme à qui tout Naples est connu et qui peut aisémentvoir clair dans l’histoire que vous ferez.