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ACTE V, SCÈNE V.
HARPAGON.
Je me suis abusé (le dire une potence ; et tu seras rouétout vif.
ÉLISE, aux genoux d’IIarpagon.
Ab ! mon libre, prenez des sentiments un peu plus hu-mains, je vous prie, et n'allez point pousser les choses dansles dernières violences du pouvoir paternel. Ne vous laissezpoint entraîner aux premiers mouvements de votre passion,et donnez-vous le temps de considérer ce que vous voulezfaire. Prenez la peine de mieux voir celui dont vous vous of-fensez (1). Il est tout autre que vos yeux ne le jugent, et voustrouverez moins étrange que je me sois donnée à lui, lorsquevous saurez que, sans lui, vous ne m’auriez plus il y a long-temps. Oui, mon père, c’est celui qui me sauva de ce grandpéril que vous savez que je courus dans l’eau, et à qui vousdevez la vie de cette même fille dont...
HARPAGON.
Tout cela n’est rien ; et 11 valait bien mieux pour moi qu'ilte laissât noyer que de faire ce qu’il a fait.
ÉLISE.
Mon père, je vous conjure par l’amour paternel, de me...
HARPAGON.
Non, non ; je ne veux rien entendre, et il faut que la jus-tice fasse son devoir.
MAÎTRE JACQUES, il part.
Tu me payeras mes coups de bâton !
PROSINE , il part.
Voici un étrange embarras !
SCÈNE V.
ANSELME, HARPAGON, ÉLISE, MAR1ANE, FROS1NE,VALÈRE, un commissaire, MAITRE JACQUES.
ANSELME.
Qu’est-ce, seigneur Harpagon ? Je vous vois tout ému.
HARPAGON.
Ah ! seigneur Anselme, vous me voyez le plus infortunéde tous les hommes; et voici bien du trouble et du désordre
(1) Offenser est la traduction littéraire d 'offendere, mot dont lo sons ost beau-ooup moins restreint on latin qu’on français. Il sigrnifto ici, celui dont roua avezà vous plaindre. L'exemple do Molière n’a pu lo faire adopter avec cotte aC'sception.