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Tome II.
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GEORGE DANDIN.

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Monsieur mon père, Jean-Gilles ileSotenville, eut la gloired’assister en personne au grand siège de Monlauban (1).

6LITANDRE.

J'en suis ravi.

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Et j’ai eu un aïeul, Bertrand de Sotenville, qui fut si consi-déré en son temps, que d'avoir permission de vendre toutson bien pour le voyage d'outre-mer.

CLITANDRE.

Je le veux croire.

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

II m’a été rapporté, Monsieur, que vous aime/, et poursui-ve/ une jeune personne, qui est ma fille, pour laquelle jem'intéresse (montrant George Dandin), et pour l'homme quevous voyez, qui a l'honneur d'être mon geAdre.

CLITANDRE.

Qui? moi?

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Oui; et je suis bien aise de vous parler, pour tirer de vous,s'il vous plaît, un éclaircissement de cette affaire.

CLITANDRE.

Voilà une étrange médisance! Qui vous a dit cela, Mon-sieur?

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Quelqu'un qui croit le bien savoir.

CLITANDRE.

Ce quelqu'un-là en a menti. Je suis honnête homme. Mecroyez-vous capable, Monsieur, d’une action aussi lâche quecelle-là? Moi, aimer une jeune et belle personne qui al'honneur d’être la tille de monsieur le baron de Sotenville!Je vous révère trop pour cela, et je suis trop votre serviteur.Quiconque vous l’a dit est un sot.

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Allons, mon gendre.

CEORGE DANDIN.

Quoi?

CLITANDRE.

C’est un coquin et un maraud.

MONSIEUR DE SOTENVILLE, il George Dandin.

Répondez.

Cl) Il s'agit sans doute du siège de Montautmn par louis XIII, on 1621, en-viron un an avant la naissance do Molière.