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GEORGE DANDIN.
CLAUDINE.
Je fais comme font les autres.
LUBIN.
Vois-tu, il ne faut pas tant de beurre pour faire un quarte-ron; si lu veux, tu seras ma femme, je serai ton mari, etnous serons tous deux mari et femme.
CLAUDINE.
Tu serais peut-être jaloux comme notre maître.
LUBIN.
Point.
CLAUDINE.
Pour moi, je hais les maris soupçonneux, et j’en veux unqui ne s'épouvante de rien ; un si plein de confiance et si sûrde ma chasteté, qu'il me vit sans inquiétude au milieu detrente hommes.
LUBIN.
Eh bien ! je serai tout comme cela.
CLAUDINE.
C’est la plus sotte chose du monde que de se défier d'unefemme et de la tourmenter La vérité de l'affaire est qu’onn’y gagne rien de bon : cela nous fait songer à mal ; et cesont souvent les maris qui, avec leurs vacarmes, se fonteux-mêmes ce qu'ils sont.
LUBIN.
Eh bien ! je te donnerai la liberté de faire tout ce qu’il teplaira.
CLAUDINE.
Voilà comme il faut faire pour n ôtre point trompé. Lors-qu’un mari se met à notre discrétion, nous ne prenons de li-berté que ce qu'il nous en faut ; et il en est comme avec ceuxqui nous ouvrent leur bourse, et nous disent : Prenez. Nousen usons honnêtement, et nous nous contenions de la raison.Mais ceux qui nous chicanent, nous nous efforçons de lestondre, et nous ne les épargnons point.
LUBIN.
Va, je serai de ceux qui ouvrent lêur bourse, et lu n’asqu’à t« marier avec moi.
CLAUDINE.
Et bien ! bien, nous verrons.
LUBIN.
Viens donc ici, Claudine.
CLAUDINE.
Que veux-tu?
LUBIN.
Viens, te dis-je.