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Tome II.
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GEORGE DANDIN.

LURIN.

Tarare !

SCÈNE VIII.

GEORGE DANDIN.

Je n'ai pn me servir, avec cel innocent, de la pensée quej'avais. Mais le nouvel avis qui lui est échappé ferait lamême chose; et si le galant est chez moi, ce serait pour avoirraison aux yeux ilu père et de la mère, et les convaincrepleinement de l’effronterie de leur fille. Le mal de tout ceci,c’est que je ne sais comment faire pour profiter d’un tel avis.Si je rentre chez moi, je ferai évader le drôle ; et, quelquechose que je puisse voir moi-même démon déshonneur, jen’en serai point cru à mon serment, et l’on me dira que jerêve. Si, d'autre part, je vaisquerir beau-père et belle-mère,sans être sûr de trouver chez moi le galant, ce sera la mêmechose, et je retomberai dans l'inconvénient de tantôt. Pour-rais-je point m’éclaircir doucement s'il y est encore? (Aprèsavoir regardé par le trou de la serrure.) Ah, ciel ! il n’en fautplus douter, et je viens de l’apercevoir par le trou de laporte. Le sort me donne ici de quoi confondre ma partie, et,pour achever l’aventure, il fait venir à point nommé les jugesdont j’avais besoin.

SCÈNE IX.

MONSIEUR ET MADAME DE SOTEN'VILLEGEORGE DANDIN.

GEORGE DANDIN.

Enfin, vous ne m’avez pas voulu croire tantôt, et votrefille l’a emporté sur moi ; mais j'ai en main de quoi vousfaire voir comme elle m'accommode; et, Dieu merci, mondéshonneur est si clair maintenant, que vous nîn pourrezplus douter.

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Comment! mon gendre, vous en êtes encore là-dessus?

CEORGE DANDIN.

Oui, j’y suis; et jamais je n’eus tant de sujet d’y être.

MADAME I)E SOTENVILLE.

Vous nous venez encore étourdir la tête?

CEORGE DANDIN.

Oui, Madame; et l'on fait bien pis à la mienne.

MONSIEUR DE SOTENVILLE.

Ne vous lassez-vous point de vous rendre importun?