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ACTE II, SCÈNE IX.
GEORGE DANDIN.
Non; niais je me lasse fort d'être pris pour dupe.
MADAME DE SOTENVILLE.
Ne voulez-vous point vous défaire de vos pensées extra-vagantes ?
GEORGE DANDIN.
Non, Madame ; mais je voudrais bien me défaire d'unefemme qui me déshonore.
MADAME DE SOTENVILLE.
Jour de Dieu! notre gendre, apprenez à parler.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Corbleu! cherchez des termes moins offensants que ceux-là.
GEORGE DANDIN.
Marchand qui perd ne peut rire.
MADAME DE S0TENV1LLE
Souvenez-vous que vous avez épousé une demoiselle.
GEORGE GANDIN.
Je m'en souviens assez, et ne m'en souviendrai que trop.
MONSIEUR DE SOTENVII.LE.
Si i ons vous eu souvenez, songez donc à parler d'elle avecplus de respect.
GEORGE DANDIN.
Mais que ne songe-t-elle à me traiter plus honnête-ment? Quoi! parce qu’elle est demoiselle, il faut quelle aitla liberté de me faire ce qui lui plaît, sans que j'ose souffler ?
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Qu'avez-vous donc, et que pouvez-vous dire? N'avez-vouspas vu, ce matin, qu'elle s’est défendue de connaître celuidont vous m'étiez venu parler?
GEORGE DANDIN.
Oui. Mais vous, que pourrez-vous dire, si je vous fais voirmaintenant que le galant est avec elle?
MADAME DE S0TENVII.LE.
Avec elle?
GEORGE DANDIN.
Oui, avec elle, et dans ma maison.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Dans votre maison ?
GEORGE DANDIN.
Oui, dans ma propre maison.
MADAME DE SOTENVILLE.
Si cela est, nous serons pour vous contre elle.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Oui. L'honneur de noire famille nous est plus cher que