267
ACTE III, SCÈNE VI.
me parlez de vous retirer; et avec combien de chagrin m’al-lez-vous laisser maintenant !
ANGÉLIQUE.
Nous trouverons moyen de nous revoir.
CLITANUKE.
Oui. Mais je songe qu'en me ijuillanl, vous allez trouverun mari. Celte pensée m'assassine ; et les privilèges qu'ontles maris sont des choses cruelles pour un amant qui aimebien.
ANGÉLIQUE.
Serez-vous assez faible pour avoir cette inquiétude, etpensez-vous qu’on soit capable d’aimer de certains marisqu’il y a? On les prend parce qu’on ne s’en peut défendre,et que l’on dépend de parents qui n’ont des yeux que pourle bien ; mais on sait leur rendre justice, et l'on se moquafort de les considérer au delà de ce qu’ils méritent.
CEOBGE UANDIN , il part.
Voilà nos carognes de femmes !
CLITANUKE.
Ah! qu'il faut avouer que celui qu'on vous a donné étaitpeu digne de l’honneur qu’il a reçu, et que c’est une étrangechose que l’assemblage qu’on a fait d’une personne commevous avec un homme comme lui !
GEOllGE UANDIN , il part.
Pauvres maris ! voilà comme on vous traite.
CLITANUKE.
Vous méritez, sans doute, une tout autre destinée ; et leciel ne vous a point faite pour être la femme d’un paysan.
GEORGE UANDIN.
Plût au ciel ! fùt-elle la tienne ! lu changerais bien vile delangage! Rentrons; c'en est assez.
(George Uaudin, étant entré, ferme la porte en dedans.)
SCÈNE VI.
ANGÉLIQUE, CLI'fANDRE, CLAUDINE, LUBIN.
CLAUDINE.
Madame, si vous avez du mal à dire de votre mari, dépê-chez vite, car il est tard.
CLITANUKE.
Ah! Claudine, que lu es cruelle!
ANGÉLIQUE, ii Clitandre.
Elle a raison. Séparons-uous.