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GEORGE DANDIN.
icncc la ]>lus grande du monde, d’un mari à qui le vin et lajalousie ont troublé de telle sorte la cervelle qu’il ne saitjdusni ce qu'il dit, ni ce qu’il fait, et vous a lui-même envoyéquérir pour vous faire témoins (le l’extravagance la plusétrange dont on ait jamais ouï parler. Le voilà qui revient,comme vous voyez, après s’être fait attendre toute la nuit ;et si vous voulezl’écouler,il vousdira qu’il a les plus grandesplaintesdumondeàvousfaire de moi; que, durant qu’il dor-mait, je me suis dérobée d’auprès de lui pour ra’en aller cou-rir, et cent autres contes de même nature qu’il est allé rêver.
GEORGE DANDIN, à part.
Voilà une méchante carogne !
CLAUDINE.
Oui, il nous a voulu faire accroire qu’il était dansla mai-son, et que nous en étions dehors; et c’est une folie qu’il n’ya pas moyen de lui ôter de la tête.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Comment! Qu’est-cc à dire cela?
MADAME DE SOTENVILLE.
Voilà une furieuse impudence que de nous envoyer quérir!
CEOIICE DANDIN.
Jamais...
ANGÉLIQUE.
Non, mon père, je ne puis plus souffrir un mari de la sorte :ma patience est poussée à bout; et il vientde me dire centparoles injurieuses.
MONSIEUR DE SOTENVILLE, à George Dandin.
Corbleu ! vous êtes un malhonnête homme.
CLAUDINE.
C’est une conscience de voir une pauvre jeune femme trai-tée de la façon; et cela crie vengeance au ciel.
GEORGE DANDIN.
Peut-on...
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Allez, vous devriez mourir de honte.
GEORGE DANDIN.
Laissoz-moi vous dire deux mots.
ANGÉLIQUE.
Vous n’avez qu’à l’écouter ; il va vous en conter de belles !
GEORCE DANDIN, il part.
Je désespère.
CLAUDINE.
il a tant bu, que je ne pense pas qu’on puisse durer contrelui; et l’odeur du vin qu’il souftle est montée jusqu’à nous.