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Tome II.
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M. DE FOUKCEAUGNAC.

PHEMIEII MÉDECIN.

Comme ainsi soit qu'on ne puisse guérir une maladie qu’onne la connaisse parfaitement, et qu'on ne la puisse parfaite-ment connaître sans en bien établir l’idée particulière et lavérilalde espèce, par ses signes diagnostiques et prognosti-ques (1); vous me permettez, Monsieur notre ancien, d’en-trer eu considération de la maladie dont il s’agit, avant quede toucher à la (bénqx'ulique (2), et aux remèdes qu’il nousconviendra faire pour la parfaite curation d’icelle. Je disdonc. Monsieur, avec votre permission, que notre maladeici présent est malheureusement attaqué, affecté, possédé,travaillé de cette sorte de folie que nous nommons fort bienmélancolie hypocondriaque ; espèce de folie très fâcheuse, etqui ne demande pas moins qu’un Eseulape comme vous,consommé dans notre art ; vous, dis-je, qui avez blanchi,comme on dit, souslcbarnois, et auquel il en a tant passé parles mains, de toutes les façons. Je l’appelle mélancolie hypo-condriaque, pour la distinguer des deux autres; car le cé-lèbrcGalicn établitdoctement, à son ordinaire, trois espècesde cette maladie, que nous nommons mélancolie, ainsi ap-pelée, non seulement par les Latins, mais encore par lestirées; ce qui est bien à remarquer pour notre affaire : la pre-mière, qui vient du propre vice du cerveau ; la seconde, quivient de tout le sang, fait et rendu atrabilaire; la troisième,appelée hypocondriaque, qui est la nôtre, laquelle procèdedu vice de quelque partie du bas-ventre et de la région infé-rieure, mais particulièrement de la rate, dont la chaleur etl’inflammation portent au cerveau de notre malade beaucoupde fuligines épaisses et crasses, dont la vapeur noire et ma-ligne cause dépravation aux fonctions de la faculté princesse,cl fait la maladie dont, par notre raisonnement, il est mani-festement atteint et convaincu. Qu’ainsi ne soit : pour dia-gnostique incontestable de ce que je dis, vous n’avez qu’àconsidérer ce grand sérieux que vous voyez., celle, tristesseaccompagnée de crainte et de défiance, signes pathognomo-niques et individuels de cette maladie, si bien marquée chezle divin vieillard Hippocrate ; cette physionomie, ces yeuxrouges et hagards, cette grande barbe, cette habitude ducorps, menue, grêle, noire et velue; lesquels signes le déno-

(1) On appelle signes diagnostique* le* symptômos qui indiquent la nature desmaladies ; ot aigues prognostiques, ceux par lesquels on dorino loi effets quo lamaladie doit prodniro. (L. B.)

(2) Autre terme do médecine qui indique la portio do oetto science qui enseignela manière do traiter et de guérir les maladio*. (L. B.)