Band 
Tome II.
Seite
301
JPEG-Download
 

301

ACTE I, SCÈNE XI.

PREMIER MÉDECIN.

Non, Monsieur, nous ne jouons point.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Qu’est-cc que tout ceci ? et que voulez-vous dire, avec votregalimatias et vos sottises?

PREMIER MÉDECIN.

Bon! dire des injures! Voilà un diagnostique qui nousmanquait pour la confirmation de son inal ; et ceci pourraitbien tourner en manie.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC, il part.

Avec qui m'a-t-on mis ici?

(il crache deux ou trois fois.)PREMIER MÉDECIN.

Autre diagnostique : la sputation fréquente.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Laissons cela, et sortons d'ici.

PREMIER MÉDECIN.

Autre encore : l’inquiétude de changer de place.

MONSIEUR DE POUIICEAUGNAC.

Qu’est-ce donc que toute cette affaire? et que me voulez-vous?

PREMIER MÉDECIN.

Vous guérir, selon l’ordre qui nous a été donné.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Me guérir?

PREMIER MÉDECIN.

Oui.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Parbleu ! je ne suis pas malade.

PREMIER MÉDECIN.

Mauvais signe, lorsqu'un malade ne sent pas son mal.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Je vous dis que je me porte bien.

PREMIER MÉDECIN.

Nous savons mieux que vous comment vous vous portez ;et nous sommes médecins qui voyons clair dans votre cons-titution.

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC.

Si vous êtes médecins, je n’ai que faire de vous ; et je memoque de la médecine.

PREMIER MÉDECIN.

Hom ! hom ! voici un homme plus fou que nous ne pen-sons.