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LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
d’un Élat, ou au commandement d'une armée, ne dit-on pastoujours : Un tel a fait un mauvais pas dans une telle affaire?
MONSIEUR JOURDAIN.
Oui, on dit cela.
LE MAÎTRE A DANSER.
El faire un mauvais pas peut-il procéder d’autre chose quede ne savoir pas danser.
MONSIEUR JOURDAIN.
Cela est vrai, et vous avez raison tous deux.
LE MAÎTRE A DANSER. •
C’est pour vous faire voir l'excellence et l’utilité de ladanse et de la musique.
MONSIEUR JOURDAIN.
Je comprends cela à cette heure.
LE MAÎTRE IIE MUSIQUE.
Voulez-vous voir nos deux affaires?
MONSIEUR JOURDAIN.
Oui.
LE MAÎTRE DE MUSIQUE.
Je vous l'ai déjà dit, c’est un petit essai que j’ai fait autre-fois des diverses passions que peut exprimer la musique.
MONSIEUR JOURDAIN.
Fort bien.
LE MAÎTRE DE MUSIQUE, aux musiciens.
Allons, avancez, (a m. Jourdain.) Il faut vous figurer qu’ilssont habillés en bergers.
MONSIEUR JOURDAIN.
Pourquoi toujours des bergers? on ne voit que cela partout.
LE MAÎTRE A DANSER.
Lorsqu’on a des personnes à faire parler en musique, ilfaut bien que, pour la vraisemblance, on donne dans labergerie. Le chant a été de tout temps affecté aux bergers;et il n’est guère naturel, en dialogue, que des princes ou des *bourgeois chantent leurs passions (1).
MONSIEUR JOURDAIN.
Passe, passe. Voyons.
DIALOGUE EN MUSIQUE.
UNE MUSICIENNE ET DEUX MUSICIENS.
LA MUSICIENNE.
Un cœur dans l’amoureux empire
(I) Trait de satire dirigé contre le grand opéra italien, qne Mnznrin avait in-troduit à la conr en 1646, et qnl donna naissance à notre Académie royale demusique. Cette dernière vonait d'être instituée en 1669, un an avant la repré-sentation do Bourgeois gentilhomme-